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Poeme - Slam - Poésies - Poèmes - Symboles -Textes
Bienvenu dans les nuances à nuance de la vie
Louis Aragon- Antonio Machado - Léon Felipe - Gérard de Nerval,
Charles Baudelaire - Samiel - Goethe
Paul Louka- Rudyard Kipling - Pessoa - Bernard de Clairvaux
Sous l’écorce de la Pierre
Catéchèse Poétique d’un Franc-maçon
Essai Poétique
Samiel
Poésies et textes de :
Louis .Aragon, Antonio Machado, Léon Felipe, Gérard de Nerval,
Charles Baudelaire, Samiel , Goethe,
Paul Louka, Rudyard Kipling, Pessoa, Bernard de Clairvaux
Résumé
Samiel propose une compilation choisie de Poésies et textes de grands poètes Francs-Maçons de différentes
époques. Après un long travail de recherches, ce montage s’est fait dans une forme graduelle
d’un chemin initiatique.
Postulant – Apprentis – Compagnon- Maître
Les poètes se donnant une réplique poétique l’un à l’autre, aboutissent à donner une meilleur
idée pour le monde profane de ce qu’est véritablement la Franc-maçonnerie,
et devient un petit pensum pour les initiés.
LE POSTULANT
Inter texte Samiel
On aurait dit qu’il cherchait à faire entrer de force la lumière dans un lieu obscur. Quand il était interrogé, il répondait qu’il essayait de percevoir ce qu’il y avait à l’intérieur de choses.
En profane à la porte du temple il frappa.
1 Louis Aragon
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le cœur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un Homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Intertexte Samiel
Entre Etranger dans ce lieu commun du peuple !
Que viens-tu chercher ici toi qui arrive de si loin ?
Je suis lePrétendant qui veut remuer la pierre de ma chair et devenir un humble bâtisseur du temple humain. !
Tout mérite d’être exploré avec soin vénérable lumière de ce lieu, mais rien ne saurait être plus révélateur que les poèmes des hommes éclairés sous le soleil de l’orient, ses poètes dont l’imagination éclaire l’initiation Je suis venu soulever l’écorce de chacune de leur pierre, et prétendre obtenir le droit d’ouvrir la fenêtre occidentale du sanctuaire de la pensée.
Très bien l’étranger mais sache que :
2 ANTONIO MACHADO
Tout passe
Et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout ; voyageur,
Il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer…
ET QU’
3 LEON FELIPE
Ainsi va la vie
Tout comme toi, petite pierre,
Comme toi, pierre légère, comme toi,
Un chant qui vole sous les roues par les chemins et les ruelles.
Tout comme toi, caillou infime,
Comme toi, caillou des routes, comme toi,
Qui, les jours de tourmente, t'enfonces sous terre
Et qui, ensuite, scintille sous les sabots et sous les roues.
Tout comme toi, petite pierre, comme toi,
Qui ne sera jamais la pierre d'un Hôtel de Ville,
Ni la pierre d'un Tribunal,
Ni la pierre d'un Palais,
Ni la pierre d'une Eglise.
Tout comme toi, pierre libre, comme toi,
Qui va de ci de là,
Comme toi petite pierre
Qui, peut-être, n'est faite que pour une fronde.
Intertexte Samiel
Alors Avance petite pierre Etrangère fait un pas en avant que dans ce temple continue ton voyage. Approches toi du portail de l’orient pour recevoir ton tablier de soie blanche du bâtisseur. Ecoute et retient les notes de ces chants
4 Gérard de Nerval
Homme ! Libre penseur – te crois-tu seul pensant
Dans ce monde, où la vie éclate en toute chose:
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant…
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d’amour dans le métal repose :
Tout est sensible ; - Et tout sur ton être est puissant !
Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie :
A la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais pas servir à quelque usage impie.
Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;
Et, comme un œil naissant couvert pas ses paupières,
Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres.
Qui t’offre ces vers
5 Charles Baudelaire
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, -
Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Intertexte Samiel
Dans tes voyages l’étranger tu reconnaîtras l’image de la vie humaine, avec ses aspirations et ses luttes. L’avenir te cacheras les épreuves qui t’attendent, mais tu iras au devant d’elles avec hardiesse, sans hésitation ni terreur
6 Samiel
Mes sœurs, mes frères
Regardez venir cet étranger
A la porte de notre temple il a frappé
Les pieds nus, les épaules dénudées
Les yeux voilés sous la voute éclairée
Prêts à emprunter d’autres sentiers
Postulants de la cité
Impétrants d’une autre humanité
Venus explorer l’obscur labyrinthe de la vérité
C’est vers nous que ses pas l’on amené.
Sait-il que le commencement est un silence
Et qu’avec lui, il devra faire alliance
Pour descendre dans la vie de sa conscience ?
Sait-il ce qu’il devra affronter pour éviter le naufrage
De nos valeurs et de leur carnage ?
Sait-il préparés à se heurter à la mêlée d’êtres
Acharnés à bafouer l’humanité ?
Acharnés à détruire la laïcité ?
Acharnés à saccager l’égalité ?
Acharnés à mépriser la fraternité ?
Acharnés à conchier la solidarité !
Acharnés à se gaver de biens matériels
De salaires, de compromissions et de fiel ?
Savent-ils, ces ouvriers de demain
Combien de temps il faudra
Pour que nous vivions enfin
Dans le secret des pierres éclairées par le soleil humain ?
Combien de temps nous devrons marcher sur le chemin des initiés
Avant de voir s’élever le grand temple de l’humanité ?
Répondez ! Que vos postures ne soient pas de la
figuration
en cette nuit de grande initiation !
Consentons- nous encore à n’être ce que nous sommes ?
Prétendons- nous pouvoir remuer les pierres de chair,
Et la chair des pierres ?
Nous battons nous suffisamment ?
Voyageons-nous suffisamment ?
Partageons nous suffisamment ?
Nous impliquons-nous suffisamment ?
Qui oserait crier oui ! Qui oserait affirmer
Oui j’en fais assez, Oui je donne assez !
Aujourd’hui, la seule chose que nous pouvons dire avec certitude
Oui, vient combattre avec nous l’étranger.
Entre !
Nous comptons sur ta vie
Pour nous aider à accomplir avec courage et conviction,
Cette recherche de la perfection
L’APPRENTIS
Intertexte Samiel
Tu Porteras ce tablier la bavette relevée, regarde, écoute tes Frères, et travail dans le silence et le temps. Sache qu'ici tu es en terre Fraternelle, Qu’elle est belle et aimable pleine de courage et de bonté.
Des Hommes des Femmes l'ont choyée comme un bien précieux. Tous ont participé à son passé prestigieux. Il faut que tu l'apprennes, que tu l'aimes, qu'elle devienne Ta terre
nourricière.
En y travaillant elle t'ouvrira ses Printemps, et tu y façonneras ta pierre. Ici rien n'est éphémère. Ici tout s'est construit avec la chair et la pierre. Scellement du fraternel chemin, Incrusté dans le secret des. Pierres éclairées par le soleil Humain.
Alors quand tu marcheras dans les artères du temple, pense que tu marches sur un écrin; Où règne le sens de l'honneur, que des vignes de son terroir sort le vin du droit humain. Avec tes frères
tu feras alliance et tu y découvriras l’amour et le partage……...
7 Goethe
Dans toutes les heures propices,
Rehaussées d’amour et de vin,
Il faudra que nous entonnions
Ce chant d’une voix unanime !
Le dieu maintiendra notre accord,
Qui nous a conduits en ce lieu.
Que nos flammes se renouvellent !
C’est lui qui les a allumées.
Rayonnez de joie aujourd’hui ;
Soyez unis du fond du cœur !
Avec un plaisir ravivé
Buvez ce verre d’un vin pur !
Debout ! En une heure aussi douce,
Trinquez, et, d’un franc baisé, faites
Qu’à tout renouveau d’alliance
Les anciens soient tels des nouveaux.
Qui donc, vivant dans notre cercle,
Peut-y vivre sans être heureux ?
Partagez ces libres manières,
Ce fidèle esprit fraternel !
Alors le cœur, au long des temps,
Restera tourné vers le cœur,
Et nulle mesquine pensée
Ne troublera notre alliance.
Et rien n’adviendra qui ne doive
Renouveler notre bonheur.
Sans caprice qui les harcèlent,
Nos joies ne s’altèreront plus ;
Sans raideur guindé qui les gêne ;
Nos cœurs battront plus librement.
A chaque pas va s’élargir
Pour nous la rapide carrière ;
Et toujours plus sereins nos yeux
Lèveront au ciel leurs regards ;
Nous n’éprouverons nulle angoisse,
A voir que tout grandit et croule,
Et nous serons longtemps, longtemps,
A jamais, ainsi réunis……
Intertexte Samiel
Tu apprendras petite pierre qu’être moderne c’est inventer de l’inconnu pour voir l’inconnu Comme les poètes maçons tu feras ta propre histoire. Ton poème, introduira un temps, qui deviendra plus grand que le temps. Tu vivras dans ta solitude en cherchant, le Sujet, qui façonnera l’Humaine pierre brute. Tu iras chercher ta nuit dans le puits du poème pour incendier ta lumière.
8 Paul Louka
Va, petit frère
la terre est grande
c’est un joli jardin
et donne-moi la main
Va, petit frère
la terre est grande
c’est un joli jardin
quand il est midi plein.
Tu fais un pas
et c’est la liberté,
tu fais deux pas
et c’est l’égalité,
tu fais trois pas
et le monde a changé.
Va, petit frère
ton cœur résonne
c’est un joli tambour
et le général est sourd.
Va, petit frère
ton cœur résonne
c’est un joli tambour
quand on parle d’amour…
9 Goethe
Le chemin du maçon
Est semblable à la vie,
Et les efforts qu’il fait
Sont semblable aux actes
Des hommes sur la terre.
L’avenir tient couverts
Souffrances et bonheurs.
Pas à pas pour les yeux
Qui nous voient, mais sans crainte,
Nous allons de l’avant.
Et pesant et lointain
Prend un voile où s’attache
Notre respect. Muettes
Sont en haut les étoiles
Et les tombes en bas.
Considère-les mieux,
Et voici qu’apparaissent
Dans le cœur des héros
Des frissons fugitifs
Et des sentiments graves.
Pourtant de l’au-delà
Viennent les voix d’esprits,
Viennent les voix des maîtres :
Sans manquer, exercez
Les puissances du bien.
Dans l’éternel silence
Des couronnes se tressent
Qui vont récompenser
Pleinement ceux qui œuvrent !
Nous vous disons ; "espoir".
LE COMPAGNON
Intertexte Samiel
Espoir de te voir marcher à reculons dans les ténèbres de tes futurs voyages Espoir que tu soulèves les masses les plus lourdes pour que l’esprit du sectarisme ne réduise en poudre le ciment de notre fraternité universelle. Espoir que tu reconnaisses les hommes à la coquetterie accapareuse qui dissocient les pierres de l’édifice en prétendant les retailler plus exactement. Espoir Que ta chair à travers le mur de flammes éteigne la luxure.
Espoir que tu perçoives dans la pénombre de ton temple le brillant et le feuilleté incrusté sur lesquelles il est gravé « tolérance » en figures en creux et en relief sur les murs du .
10 Samiel
Temple de pierres.
Temple de chair.
Impassible.
Perfectible.
La chair s’agite.
Mer sans limite, ni mesure.
L’autre ne craint pas l’usure.
Symboles ornements.
Restent muets.
Gardent leurs secrets.
L’un et l’autre face à face.
Sur le chemin de la vérité.
Rien ne se perd.
Rien ne se détruit.
Tout se retrouve.
Réservoir d’âmes.
Venu pour une communion.
Prétexte à une joie particulière.
Forces sans cesse renouvelés.
Chair sur la planche à tracer.
Travaille pour les ouvriers de demain.
Lieux mystiques.
Chargé d’émotions.
Coule la belle musique.
Echo de l’harmonie des sphères célestes.
Musique de la chair.
L’incrustée dans la mémoire de la pierre.
Endroit des constructeurs du monde.
Vêtement de Dieu.
Sagesse divine.
Un jour Chair quitte fardeau de son corps.
Pour connaître la splendeur céleste.
Il chuchotera avec temple de pierres.
Pierres gardera ses secrets.
Lune lumière blanche.
Chasse la nuit.
Temples sources de joie.
Eternelle conspiration reconstructive.
Lieu d’instruction à trois niveaux.
Temple de chair.
Ne cesse de travailler.
Pour se perfectionner.
Temple de pierres réjouit accueillera.
Temple de chair quand il recevra.
Salaire en chambre du milieu.
Intertexte Samiel
Le parcours sera long mais viendra l’heure où l’exubérance juvénile de ta pierre se calmera et tu comprendras qu’il te faudra avoir recours aux lumières de tes frères qui te porteront dans la chaîne d’union.des constructeurs du monde. Tu y ressentiras les vibrations d’un cœur empli d’une joie profonde, et heureux de servir à ta place dans la loge.
11 Rudyard Kipling
Il y avait Rundle, chef de gare
Et Beazeley, des chemins de fer
Et Ackman, de l’intendance,
Et Donkin, de la maison d’arrêt,
Et Blake, le contrôleur en chef,
Qui fut deux fois notre Vénérable,
Avec le marchand des produits d’Europe,
Ce vieux Framjee Edulgee.
Hors de la Loge : Chef ! Monsieur ! Salut ! Salaam !
Au dedans : « Frère », sans que cela ne blesse personne.
Nous nous réunissions sur le Niveau et nous nous séparions sur l’Equerre,
Et moi, j’étais second diacre, là-bas, dans ma Loge Mère !
Nous avions Bola Nath, un comptable
Et Saul, le juif d’Aden,
Et Din Mohammed, dessinateur
Au service topographique, lui aussi ;
Il y avait Babu Chuckerbutty,
Et Amir Singh le Sikh,
Et Castro, de l’atelier d’ajustage,
Le catholique romain !
Nos décors n’étaient pas bien beaux,
Le local était vieux et nu,
Mais les Landmarks des Anciens,
Nous les respections à la lettre.
Ce qui me frappe si souvent,
Quand je reviens sur ce passé,
C’est que les infidèles, sauf nous peut-être,
Cela n’existe pas.
Car chaque mois, après les Travaux,
Nous nous asseyions pour fumer
(Nous n’osions pas faire d’agape
De peur de déroger aux castes)
Et d’homme à homme, nous parlions
De la religion et du reste,
Chacun à chacun comparant,
Le Dieu qu’il connaissait le mieux.
Ainsi d’homme à homme, nous parlions, nous parlions, nous parlions,
Et pas un Frère ne bougeait
Jusqu’au matin, réveil des perroquets
Et de cette fichue tempête, dans nos crânes de linottes,
« C’est très étrange », disions-nous,
Et tous, tournant bride vers notre lit,
Mohammed, Dieu et Shiva
Se relayaient dans notre tête.
Si souvent, en mission officielle,
J’ai roulé bosse vagabonde
Et porté le salut fraternel,
Comme l’usage le commande,
Aux loges de l’est et de l’ouest
De Kohat jusqu’à Singapour ;
Mais j’aimerai tant les revoir,
Ceux de la Loge Mère, une fois encore !
Comme j’aimerais les revoir,
Mes Frères bruns, mes Frères noirs,
Dans la bonne fumée des Londres,
Tandis que passe l’allume-cigare
Et que ronfle sur ses bouteilles
Le vieux maître d’hôtel, à l’office ;
Moi, en Maître Maçon, bien en règle
Dans ma Loge Mère, une fois encore.
Hors de la Loge : Chef ! Monsieur ! Salut ! Salaam !
Au dedans : « Frère », sans que cela ne blesse personne.
Nous nous réunissions sur le Niveau et nous nous séparions sur l’Equerre,
Et moi, j’étais second diacre, là-bas, dans ma Loge Mère !
12 Pessoa
Nous sommes pour moitié ce que nous sommes et pour moitié ce que nous pensons être. Dans le torrent, une moitié parvient à la rive, l'autre se noie. C’est une règle de la vie que nous pouvons, et devons, apprendre avec tous ceux qui nous entourent. Certains des aspects les plus sérieux de la vie, nous pouvons les apprendre de charlatans et de bandits ; il est des philosophies que nous enseignent les imbéciles, il est des leçons de loyauté et de constance qui nous viennent par hasard, de rencontres de hasard. Tout est dans tout.
En certains moments très lucides de méditation, comme ceux où, au début de l’après-midi, j’erre attentivement par les rues, chaque passant m’apporte une nouvelle, chaque maison m’annonce quelque chose, chaque affiche me laisse un message.
Ma promenade silencieuse est une conversation ininterrompue, et nous tous, hommes, maisons, pierres, affiches et ciel, nous sommes une grande foule amicale, nous coudoyant de mots dans le vaste cortège du Destin. La vie est un voyage expérimental, accompli involontairement. C’est un voyage de l’esprit à travers la matière et, comme c’est notre esprit qui voyage, c’est en lui que nous vivons. Il existe ainsi des âmes contemplatives qui ont vécu de façon plus intense, plus vaste, plus tumultueuse que d’autres qui ont vécu à l’extérieur d’elles-mêmes. C’est le résultat qui compte. Ce qui a été ressenti, voilà ce qui a été vécu. On peut revenir aussi fatigué d’un rêve que d’un travail visible. On n’a jamais autant vécu que lorsqu’on a beaucoup pensé.
LE MAÏTRE
Intertexte Samiel
Puis le temps passera, Après avoir langui et dépouillé du voile de l’illusion Une lumière initiatique jaillira Elle s’orientera vers le point d’horizon Revivifiée d’une nouvelle expression Intelligence et affection Rayonneront. Dans une immuable fixité, Le jour se lèvera dans ton esprit La vie sortira du tombeau de l’oubli, Le soleil luira en toute impartialité. Inlassablement Ton temple se reconstruira dans La légende de l’ouvrier qui venait de Tyr, celui qui a pardonné à ses meurtriers. Le règne Intelligence Amour’ s’établira et tu seras un humble maître mon frère.
13 Samiel
A la porte du midi, furieux coup d’équerre, il est trahi.
A la porte de l’occident, le blessé chancelle, tout se désunit.
Définitivement éteint, plus la moindre étincelle.
Au Neuvième jour, région nord.
Truelles creusent, encore.
Enfoncé, en une terre fraîchement remuée.
Rameau de bon augure, empreinte de justice et bonté,
Gage de pérennité.
Branche verte de l’espoir surgissant du tombeau.
Légende, emblème de charité.
Image de l’âme dévouée.
Un visage disparaît sous le tablier.
Appel force extérieure.
Chaire quitte le corps, geste d’horreur.
L’honneur de la victime, est de ne pas être l’assassin.
Jusqu’à 77 fois tu pardonneras à ton frère.
Légende, emblème de charité.
Image de l’âme dévouée.
A la porte de l’orient, présente-toi devant l’assemblée.
Travaille et tu seras récompensé.
Marche zodiacal, Souffle nouveau.
Domaine subtil de la pensée.
Fils de la putréfaction.
Trouver la vie pour s’élever.
Tout n’est que vibration.
Age pénible, cherche sa voie.
Escalade le ciel.
Puits où la vérité se cache, tombe bordée de margelle.
Hauteur de l’enthousiasme précipité dans l’abîme.
Sept ans et plus.
La folie reprend meurtri de sa chute, l’esprit s’élève
Sur les ailes du rêve.
Retomber douloureuse, réalité brutale.
Alternances des extrêmes.
Jugement en déroute.
Agitation prend fin, pleine angoisse.
Clarté directrice, lumière guide des égarés.
Songe étrange, plus accablé.
Combat lumière et ombre dans un ciel nuageux.
Envahi par les blancheurs de l’aube.
Le maître quitte le tombeau.
Calme, il avance de trois pas.
Porte la vue au ciel.
Instant de splendeur dorée.
Désormais il comprend.
L’épais rideau s’écarte à l’orient.
Discernement des apparences,
Anime le vitrail de l’occident.
Chacun communique librement.
Ponctuel, intelligent, plein de zèle.
Chambre du milieu, caverne où se trame l’éternel.
Porte des Dieux, Portes des Hommes.
Le paradis est derrière cette porte.
Ai-je égaré la clé ?
Frappez et l’on vous ouvrira la porte.
« J » recevoir l’instruction, juste récompense de leur peine.
« B » appelé au premier rang, dans un langage universel.
Frère, compagnon, image de l’humain.
Esprit, âme, corps.
Travaillant dans les sphères Or, Argent, airain.
Volonté de l’imagination.
Pélican oiseau blanc de charité, brûle de cet amour.
Alimente tes enfants de ton propre sang.
Puissance magique, sceau de Salomon.
Je suis tout juste compagnon.
14 Bernard de Clairvaux
Quelle que soit l’étendue de ton savoir, il te manquerait toujours, pour atteindre à la plénitude de la sagesse de te connaître toi-même. Une telle lacune serait-elle vraiment si importante ? Elle serait capitale, à mon avis. Connaîtrais-tu tous les secrets de l’univers ? Et les contrées les plus lointaine de la terre, et les hauteurs du firmament, et les abîmes marins si, dans le même temps, tu t’ignorais ? Tu me ferais penser à un constructeur qui voudrait bâtir sans fondations ; ce n’est pas un édifice qu’il obtiendrait mais une ruine. Quoi que tu puisses accumuler hors de toi-même cela ne résistera pas mieux qu’un tas de poussière exposé à tous les vents. Non, il ne mérite pas le nom de savant, celui qui ne l’est pas de soi. Un vrai savant devra d’abord connaître ce qu’il est, et boira le premier de l’eau de son propre puits.
15 Rudyard Kipling
Je
ne suis qu'un homme parmi les hommes,
Mais j'ai répondu sous le bandeau et j'ai gravi les trois marches.
J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe.
Je suis un maillon de la Chaîne !
La Chaîne est longue.
Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et
peut-être plus loin encore.
On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le
ciel pur de l'Orient, dans ces plaines où s'élevaient les temples
colossaux,
poèmes purs de la puissance et de la gloire.
On trouve notre signe sur les papyrus que l'âge
a teinté d'ocre, sur les feuilles
où le calame a tracé les phrases les plus belles qu'un être ait pu lire.
On trouve notre signe sur les hautes cathédrales
aux sommets sublimes aérés par les vents des siècles.
On trouve notre signe jusque sur les conquêtes
de l'esprit qui font
l'humanité meilleure, sur la partition de Mozart, sur la page
de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d'Aragon.
Et pourtant, je ne suis qu'un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil,
heureux de servir à sa place, à son rang, je ne suis qu'un maillon de la
Chaîne,
mais je me relie à l'Univers dans l'espace et dans le temps.
Je ne vis qu'un instant, mais je rejoins l'Eternel.
Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne
hais point, je ne sais point haïr.
Je pardonne au méchant parce qu'il est aveugle, parce qu'il porte encore le
bandeau,
mais je veux l'empêcher de mal faire, de détruire et de salir.
A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé
de mon mieux.
Dans toutes les heures de la vie, mon cœur est demeuré fidèle.
Je me suis dépouillé des métaux, j'ai combattu jusqu'à la limite de
mes forces le fanatisme et la misère, la sottise et le mensonge.
Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l'on
appelle la mort.
J'espère supporter la souffrance avec l'aide des miens, je saurai subir
ce qui doit être subit parce que c'est la loi commune. J'aurai dégrossi
la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le
compas.
Quand je partirai, formez la
Chaîne.
Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours
parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même,
ô fils de la Lumière, mes Frères.
Intertexte Samiel
VA MON FRERE VA PETITE PIERRE TON POEME UN JOUR SERA INCRUSTE SUR TA PIERRE
ET UN AUTRE POSTULANT EN SOULEVERA SON ’ECORSE
Et le nouvel’étranger dira
16 Samiel Je ne suis qu’une Pierre
Je ne suis qu'une Pierre parmi les
Pierres.
Je suis arrivé en étranger et j'ai
voyagé.
Tel un postulant de la cité je suis venu explorer
L’obscur labyrinthe de la vérité, les yeux voilés.
J’étais un Prétendant pour remuer la pierre de ma chair
Et devenir un humble bâtisseur du temple humain
J’ai revêtu mon tablier blanc sous la lumière de Ja-kin
J'ai vu l'étoile flamboyante, et j'ai fait le signe.
Je suis une pierre parmi les pierres!
Pierre éclairée par le soleil humain.
Dans un silence respectueux j’ai aimé
les autres pierres.
Dans la recherche de la perfection avec courage et conviction
J’ai cherché la première celle de l’artiste venu de Tyr
Celle qui portait le sceau de Salomon
Celle où était incrustée le poème d’Hiram
Le poème des hommes éclairés sous le soleil de l’orient
Pointe de mon tablier baissé, les voyages ont continués
De l’orient à l’occident j’ai cherché l’universalité
Mais Je ne suis qu’une pierre parmi les pierres.
Cimentée dans le vivat semper de mes frères
Puis est venu le temps du compas et de l’équerre.
Le temps de l’ouvrier ayant la joie d’ouvrir la fenêtre de l’occident.
A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux.
Dans cette étoile vespérale des constructeurs du
monde
Où se trame l’éternel en chambre du milieu
Je suis entré dans la chaine aux maillons de pierre de mes Frères
Que reste dans chaque pierre le souvenir d’une autre pierre.
Fin
Compilation Samiel